Throw the stone to test the ground.
Jimmie Durham in his artistic work always invents unexpected ways to negotiate with the West-centric art norms and thereby to deconstruct colonialist heritages in contemporary culture and social life. Ultimately, his work, like his personal engagement with decolonisation activism, is a frontal critique of colonialism and its contemporary variations.
He launches his attacks from a "Cherokee" stance by introducing "Indian" elements and references into the "mainstream" languages of contemporary art. His works, ranging from drawings to installation, from performance to video, from poetry to prose, always reveals willing to deconstruct the "correct", taken-for-granted, established forms and language of art expression by "importing" "non-western", "uncorrected", "erroneous" and "false" vocabularies to disrupt and transform the "normal" unfolding of "normal" discourses. His "wrong doings" are fault lines full of sense of humour, poetry and, more compellingly, irony and violent actions. They are claims for freedom par excellence from the heart of those who engage themselves to the struggle against the inequality of history's progress and its contemporary outcomes. However, emphasizing the artistic dimension of the work, namely imagination and beauty, his claims transcend any mundane power games…
Jimmie Durham's work makes sense because, to the contrary of western rationalist logic, it's systematically founded upon uncertainty and paradoxes. He is a performer, a nomad poet and a magician of image making on exile. His work not only includes performance but is fundamentally performative, whether they are installations or simply paintings. They are living traces and evolving process of performing actions. They are at once funny but violent, questioning, challenging and destructing established definitions, significances and truth central to the West-centric Discourses of Modernity. On the way, they demolish the boundaries between fiction and
reality, between culture and nature, between history and the present. It's certain that it implies a kind of urgency - challenge the current
geo-political and geo-economic power structure dominating the globe.
However, Jimmie Durham's work is also metaphoric, driven by strategies of negotiation and the power of rhetoric beauty. They are mélanges of wise, playfulness, strength, tricks, economy, mystery and potencies. It's no strange that, in the recent period of his work, stones have been introduced to become one of his main tools to explore the battle field. His art is an adventure, not necessarily spectacular but implanted in the everyday. To test the ground, he throws out stones to hit everything on the way… because stone is an embodiment of all difficulties and complexities of human history: the very object that represents the unsolved relationship between Man and Nature, hence between different civilisations defined by the different understandings of this relationship. For a good modern European, Man is not only separated from Nature but also the very master of Nature itself. Art is the very metaphor of this power relationship. For a Cherokee, Man is by no means the opposition to Nature but an integrate part of it. Then, the "art" practised" by a man is no more than an articulation of this harmonious interaction. Stone is not to be sculpted to become a monument of the separation but a materialisation of the integrity.
Hou Hanru, 2004
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Lancer la pierre pour tester le sol.
Jimmie Durham dans son travail artistique invente toujours des moyens inattendus pour se confronter avec les normes de l’art occidental et par là déconstruire les héritages colonialistes qui subsistent dans la culture contemporaine et la vie sociale. En fin de compte, son travail comme son engagement personnel constitue un combat frontal contre le colonialisme et ses variations contemporaines.
Jimmie Durham lance ses attaques d’une posture «Cherokee» introduisant références et éléments «indiens» dans les discours
«mainstream» de l’art contemporain. Ses ?uvres, qui vont du dessin à l’installation, de la performance à la vidéo, de la poésie à la prose, révèlent toujours une volonté de déconstruire les formes et langages artistiques «correctes», admis, établis en important des vocabulaires non-occidentaux, «incorrects», «erronnés» ou «fallacieux» pour briser et détourner le développement «normal» des discours «normaux». Ses «mal faits sont des lignes de faille remplies d’humour, de poésie et, plus contraignant, d’ironie et d’actions
violentes. Ce sont, par excellence, des revendications de liberté venant du plus profond de ceux qui s’engagent dans la lutte contre les inégalités et les conséquences du progrès historique. Cependant, en accentuant la dimension artistique du travail, c’est-à-dire l’imagination et la beauté, ses revendications transcendent tous les enjeux de pouvoir de ce monde.
Le travail de Jimmie Durham fait sens car, à l’opposé de toute logique rationnelle occidentale, il est systématiquement fondé sur l’incertitude et le paradoxe. Il est performer, poète nomade et magicien de l’image, en exil. Son travail n’est pas uniquement constitué de performances mais il est par essence «performant» même quand il s’agit d’installations ou simplement de peintures. On retrouve les traces vivantes et le processus évolutif de la performance. Elles sont de prime abord amusantes mais en réalité violentes, interrogeant, défiant et détruisant les règles établies, les significations et la vérité dominante du Discours Occidental de la Modernité. En chemin elles démolissent les liens entre réalité et fiction, culture et nature, entre passé et présent. Il est clair que cela implique une sorte d’urgence–défier la structure du pouvoir géopolitique et économique qui domine le monde contemporain.»
Cependant le travail de Jimmie Durham est aussi métaphorique, guidé par les stratégies de confrontation et le pouvoir de la beauté rhétorique. Les oeuvres sont des mélanges de sagesse, de jeux, de forces, de ruses, d’économie, de mystère et de force. Ce n’est pas étrange que dans la période récente de son travail, les pierres soient apparues devenant un de ses principaux outils d’exploration du champ de bataille. Son art est une aventure, pas nécessairement spectaculaire mais ancré dans le quotidien. Pour tester le sol, il lance des pierres destinées à cogner tout sur leur passage. Parce que la pierre est un symbole de toutes les difficultés et complexités de l’histoire humaine, l’objet même qui exprime la relation non résolue entre l’Homme et la Nature, désormais entre les différentes civilisations déterminées par des conceptions différentes de cette relation. Pour un bon européen d’aujourd’hui, l’Homme n’est pas seulement coupé de la Nature mais se prend pour le maître de celle-ci. L’art devient en réalité la métaphore de cette domination. Pour un Cherokee, au contraire, l’Homme n’est jamais en conflit avec la Nature mais en constitue une partie intégrante. Alors l’art pratiqué n’est rien de plus que l’articulation de cette relation harmonieuse. La pierre n’a pas à être sculpté pour devenir le monument d’une sépararion, elle est la matérialisation d’une communion.
Hou Hanru, 2004
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